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samedi 21 septembre 2019

Vol De Nuit d'Antoine de Saint-Exupéry: une réflexion à chaque pas

Vol De Nuit d'Antoine de Saint-Exupéry est un livre paru en 1931 et a reçu le prix Femina. Ce livre relate l'expérience de l'auteur quand il était pilote en Amérique du sud à l'époque. En effet, ça se passe en Argentine, où Rivière, le responsable dans une compagnie aéropostale, commandait pour acheminer le courrier par vol de nuit pour raccourcir les délais. Il parlait de "grande oeuvre".

Dans une de ces nuits, trois avions devaient atterrir à Buenos Aeres ramenant les courriers provenant du sud : Chili, Patagonie et Paraguay. D'abord, le premier pilote, Pellerin, réussit son atterrissage. Ensuite, on suivra le deuxième, Fabien, en difficulté devant une tempête nocturne, et la conduite aux bureaux de la base face à cette situation. Là, autour de ce personnage central, Rivière, Antoine de Saint-Exupéry nous expose un grand nombre de réflexions philosophiques sur la responsabilité, l'action, le courage, l’héroïsme, la gouvernance des hommes et des événements, le bonheur humain, l'échec...Finalement, l'avion est perdu, le troisième pilote atterrit, et le chef ordonne un autre vol pour le courrier d'Europe: le vol de nuit continue!
Ce livre n'est ni un roman d'aventure, ni une récitation d’événements. On pense, on médite, on décrit comme un poète et on réfléchit comme un philosophe. L'auteur unit la pensée sage et difficile avec le charme et la sensibilité! 

Antoine de Saint-Exupéry expose de nombreuses réflexions autour du commandement du vol de nuit

 La dureté: Rivière était un responsable fort à appliquer un règlement dur visant à créer à l'homme une volonté. En effet, pour lui l'homme était "une cire vierge qu'il fallait pétrir". Et ce qui prime c'est le culte du courrier.
La gestion des sentiments: Il disait que si les pilotes vous obéissent par amitié vous les dupez. "Aimez ceux que vous commandez mais sans le leur dire". Et quand la femme du pilote en retard intervenait, il faisait taire l'émotion car elle n'aide pas au sauvetage des hommes.
L’héroïsme: L'inspecteur Robineau admirait Pellerin, le pilote revenant vainqueur. Il estimait cet homme fatigué avec ses mains sales et ses yeux clos. Et l'insomnie que suscite le vol de nuit faisait de la belle oeuvre, le commandant disait: "Si les insomnies d'un musicien lui font créer de belles œuvres, ce sont de belles insomnies". Sa cause étant grandiose, il voyait les villes franchies comme "des cités qui tombaient".
L'union des hommes: Le responsable pense que la veille de nuit qu'il fait avec son équipe (secrétaire, radiotélégraphistes) les unit fortement. Il voyait un jour les mains d'un ancien ouvrier d'avion comme les plus belles au monde!
On crée des hommes pour savoir commander des événements: "Parce que les événements, on les commande, et ils obéissent, et on crée. Et les hommes sont de pauvres choses, et on crée aussi. Ou bien on les écarte lorsque le mal passe par eux". Il se disait que s'il laisse libre cours aux événements, une tempête retardera un courrier en marche. 
L'échec: Devant un problème de vol de nuit, il pense qu'il y a une cause de problèmes qui se révèle, elle même sera la cause de moins d'accidents. Ainsi "Les échecs fortifient les hommes". 

Antoine de Saint-Exupéry fait l'éloge à l'aviation

Inspiré de ses aventures réelles d'aviateur, Antoine de Saint-Exupéry nous décrit le pilote. Il médite son vol de nuit, il est dans sa carlingue avec le gyroscope, le manomètre, la lampe de bord, il traverse les orages et les clairières de lune, il passe entre les collines et les nuages...
En temps calme, l'auteur décrit Fabien le pilote comme un berger, d'une ville à l'autre comme d'un troupeau à l'autre. L'aviation est comme une conquête, il se penchait pour voir les maisons, les cafés et les arbres. 
Quand il se repose en ville, avant son vol de nuit, elle était pour lui comme "un port". Sa femme admirait ce héro, sa poitrine étant comme "un beau navire" et ses bras responsables de "quelque chose de grand". Et en songeant à sa mission nocturne, il "respirait profondément comme avant de se jeter nu dans la mer". Après, il volera et fera sa conquête, il "possédera" des villes, et des montagnes.
En tempête nocturne, il voyait l'aube comme une "plage de sable doré" vers laquelle il nagerait! Il luttait, et il a pu émerger plus haut au-dessus de la tempête "comme une barque qui passe dans la digue". Puis il découvre une clarté éblouissante, et "tout devenait lumineux"! En fait, ça nous fait rêver d'avoir la tête dans la clarté des nuages en pleine nuit!

Le vol de nuit reprend

L’avion d’Asuncion (Paraguay) atterrit à deux heures dix, c’était pour le chef un vol heureux, « la revanche de sa foi ». Il ordonna que le courrier d’Europe décolle juste après et on mettait dans l’avion d’Europe le transit d’Asuncion. Ainsi, il n’avait suspendu aucun vol de nuit après la perte de l'avion de Fabien; il poursuit sa cause et c'est ce qui compte. 


samedi 31 août 2019

Les Allumettes Suédoises de Robert Sabatier: un enfant dans les rues de Paris

Les Allumettes Suédoises de Robert Sabatier est le premier livre d'un roman de huit tomes. Ce roman apparu en 1969 nous raconte la vie d'Olivier Châteauneuf, au quartier de Montmartre à Paris, dans les années 30. C'est un enfant de 10 ans, orphelin, qui après la mort de sa mère, a du quitter l'école et habiter avec son cousin marié. Depuis, il passait son temps à parcourir les rues, accompagner les voisins de la rue Labat, vagabonder avec ses copains et découvrir tous genres de personnes et de lieux.

La joie de vivre d'un enfant explorant les rues, bien entouré par les habitants du quartier

Virginie, la mère d'Olivier, détenait une mercerie à la rue Labat à Paris. Après sa mort, l'enfant habitat chez son jeune cousin Jean et sa femme Elodie. Mais il rencontrait toujours les gens du quartier qui devenaient sa nouvelle famille. Chez Albertine il passait pour manger une crêpe ou un beignet, avec Bougras il assistait à la fabrication des bagues et il l'accompagnait pour cirer les parquets. Il mangeait des gâteaux chez Madeleine, appelée Mado. Aussi, il passait chez Lucien, le sans-filiste avec ses postes TSF pour écouter une chanson; et Gastounet, un ancien combattant, lui montrait des albums et des histoires militaires. Et il ne manquait pas de donner à manger à son ami Daniel qui était un infirme qu'on nommait l'araignée. 

En plus, avec ses copains du même âge, Loulou et Capdeverre, Olivier va flâner et faire plein de jeux et d'amusements! On va vivre le plaisir de regarder un enfant jouer et s'amuser avec toute chose simple qui se présente à lui. Olivier joue avec des osselets, avec la purée de pomme de terre, joue aux billes, fabrique un bateau, fait des glissades avec les amis... Devant une pâtisserie avec les copains, en regardant les gâteaux, il souhaitât être une mouche:"Pour illustrer le mot, sans se concerter, ils se mirent à courir en battant les ailes et en faisant:"Bzzz, bzzz, bzzz...."   

L'un des jeux était le jeu aux allumettes suédoises; la boite d'allumettes était l'un des objets de l'enfant et a mérité d’être le titre du roman. Olivier utilisait ces allumettes pour vaincre l'obscurité la nuit, pour jouer, et pour rassembler dans la boite sa monnaie espérant pouvoir acheter un couteau suisse.

Les Allumettes Suédoises de Robert Sabatier nous décrit les détails de la rue parisienne des années 30

Ayant vécu son enfance à Montmartre à Paris, Robert Sabatier retrace dans ce roman les lieux, les locaux, les odeurs, les sons, jour et nuit, et dimanche matin.
En effet, le livre rapporte les détails du contenu de la mercerie, il décrit les chiens errants, le boucher juif, l'épicerie, le café, la piscine municipale, la salle de cinéma, le lavoir municipal, la pâtisserie...
Dans Les Allumettes Suédoises, on trouve les noms de rues, de marchés, de places, de cafés, du cinéma... Par exemple, on cite les rues Bachelet, rue Nicolet, Lambert, Labat, Ramey, Marcadet...On retrouve aussi les boulevards Ornamo, Berbès, le café Pierroz, le café Transatlantique... Les détails vont jusqu'à citer les noms des acteurs de films sur les affiches de la salle de cinéma, les noms de chanteurs, les paroles de chansons de l'époque, et les marques d'objets (verres, bouilloire électrique, montres...).

En plus, Robert Sabatier dans Les Allumettes Suédoises nous décrit longuement les petits tâches de routine mais qui font bien le bonheur des gens. On garde un long sourire à lire la description de la préparation d'un bol de chocolat, la cueillette des pissenlits, le jeu à la toupie, les femmes qui discutent à propos des plats à cuisiner dimanche matin, le lavage du linge au lavoir municipal...

Le langage parlé des personnages est familier, tout comme au quotidien:"mon pote!","P'tite tête, va!", "récré","T'es dingue!","On est gourmands, s'pas!", "miam, miam". Les Allumettes Suédoises est un  roman plein d'humour, plein de couleurs, d'énergie et de gaieté !

A retenir

N'hésitez pas à lire Les Allumettes Suédoises, il nous apprend à savourer tout moment de notre vie (un plat, un jeu, une chanson, une marche à pied, une vitrine...). Ensuite ne perdez pas le fil, l'histoire de cet enfant est à suivre dans les tomes suivants, il vivra bien d'autres aventures dans d'autres endroits. La plume de Robert Sabatier vous régalera!